Pour un débat dépassionné

mar, 03/07/2017 - 23:00

L’ouverture de la session parlementaire en cours agite le microcosme politique.Il s’agit en effet de la discussion des amendements constitutionnels. L’enjeu est de taille car tout ce qui touche à ce texte fondateur mérite intérêt et vigilance. Cependant, il faut éviter tout dérapage et maintenir le débat dans les limites de la tradition démocratique.

Cela passe avant tout par le respect des institutions démocratiques et l’acceptation de l’arbitrage des urnes. Le rappel de ces règles élémentaires peut sembler à priori vain car allant de soi, mais il semble hélas que c’est ne pas aussi évident qu’on le pense.

Un agitateur sorti d’on ne sait qu’elle matrice politique s’est projeté subitement au devant de la scène et a pris la parole avec autorité et une nette volonté d’imprimer une tournure nouvelle à la traditionnelle confrontation politique.

Les accents belliqueux et guerriers de son discours inquiètent. Il est émaillé de références historiques et de paradoxismes, pour le moins saugrenus et déroutants. Il y est question de ‘’Ribat’’ de ‘’renversement pacifique du pouvoir’’ d’appel à l’occupation par la force du siège de l’Assemblée Nationale et, comble de l’amalgame, il ne se gêne pas d’évoquer la démocratie et le respect des lois.

Est-ce là le prélude à un ouragan politique dévastateur où sommes-nous seulement en présence des gesticulations burlesques d’un Don quichotte à l’assaut de moulins à vents? En tout cas rien dans la situation du pays n’apporte de l’eau à ce moulin. Elle  est  en un mot, dix fois meilleure que celle des époques précédentes. Et ce n’est surtout pas un conseiller du Président MaaouiyaOuldTaya qui doit s’en émouvoir outre mesure.

Les politiques doivent plutôt se réjouir car nous sommes pour la première fois devant la perspective d’une alternance démocratique véritable. L’alternative d’un troisième mandat étant aujourd’hui définitivement écartée, les esprits doivent se focaliser sur cette échéance majeure au lieu de continuer à s’arracher les cheveux dans des luttes d’arrière garde stériles et sans objet.

 

Tout politicien avisé doit contribuer au succès de ce premier grand test démocratique car de sa réussite dépend l’avenir du pays et la pérennité de ses institutions.

A propos des amendements de la Constitution,il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas de l’initiative personnelle d’une quelconque autorité mais de la décision unanime de la très grande majorité des formations politiques et des représentants de la société civile réunis pour un dialogue franc, libre et sans entrave. Il s’agit maintenant de soumettre les conclusions de ce forum aux représentants du peuple qui sont seuls habilités à les valider.Que renferme cette démarche de pernicieux pour soulever une nouvelle controverse ?

Serait-il judicieux de contourner les porte-parole du peuple pour s’en remettre à la volonté de la rue ?

Ou doit-on nous condamner à l’immobilisme ?

Les textes et les lois sont dynamiques, ils évoluent et la Constitution elle-même  a prévu les procédures liées à sa propre modification. Une démarche qui respecte ces procédures n’a rien de répréhensible. Les symboles de l’Etat eux-mêmes ont été suggérés et mis en place par de grands hommes qui se sont érigés en représentants du peuple.Ils peuvent par la même occasion être revus et réexaminés par les authentiques représentants de ce même peuple. L’essentiel est que tout cela se déroule dans le strict respect des règles et des lois. Les points de vue à ce sujet convergent difficilement,les différents doivent être abordés à travers un débat sérieux, responsable et dépassionné.

Les tenants d’un discours populiste et démagogique sont une véritable peste publique, ils méritent d’être bannis et stigmatisés par tous.

 

Abderrahmane O/ Sidi Hamoud

 

 

SMS ATLASINFO